Les instituts de recherche strasbourgeois se mobilisent pour réunir le matériel médical manquant aux hôpitaux

Dès le mois de mars, face à la pénurie de matériel médical dans les hôpitaux, les unités de recherche et services de tous horizons (université, CNRS, Inserm) ont spontanément mis à disposition leur stock de matériel médical : plus de 300 000 gants à usage unique, 40 000 masques chirurgicaux et FFP2, 2 000 paires de lunettes de protection, 15 000 blouses jetables et autres équipements de protection ont pu être transmis aux Hôpitaux Universitaires de Strasbourg (HUS). 45 000 litres de solution hydroalcoolique ont été produits dans l’usine-école EASE pour alimenter les services hospitaliers en rupture de stock.

Des instituts du campus de Cronembourg, d’Illkirch, de la faculté de Médecine et de l’Esplanade ont contribué à la collecte des équipements de protection pour pallier la pénurie des hôpitaux. L’Institut de Génétique et de Biologie Moléculaire et Cellulaire (IGBMC, campus Illkirch) a été un des premiers instituts à se mobiliser. En tout, l’IGBMC a donné l’équivalent de 10 000€ de matériel de protection et prêté des machines PCR aux HUS, un équipement indispensable à la réalisation des tests COVID-19. Deux équipes de l’institut ont également réorienté leurs recherches pour étudier le virus et explorer des pistes thérapeutiques. Pour Alain Beretz, ancien président de l’Université de Strasbourg et directeur de l’institut, le monde de la recherche académique a démontré son efficacité à se mobiliser et s’adapter rapidement en temps de crise « Les équipes de Daniel Metzger et de Jocelyn Laporte ne sont pas spécialisées dans les coronavirus. Ces chercheurs ont su rapidement adapter leurs compétences techniques pour contribuer à la recherche sur ce virus ».

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Avant le confinement, au début de la crise sanitaire, les Hôpitaux Universitaires de Strasbourg (HUS) et l’Institut de cancérologie (Icans) ont cruellement manqué de Solution hydro-alcoolique (SHA), une nécessité absolue dans les services COVID-19 pour prévenir la transmission du virus.

La Pharmacie à Usage Interne des HUS s’est rapidement mobilisée pour produire en masse de la SHA au sein de l’usine-école EASE avec l’appui d’enseignants-chercheurs de la Faculté de pharmacie et de l’IUT de chimie. Initialement conçue pour former des techniciens de production dans les industries pharmaceutiques et accueillir de jeunes entreprises de R&D, la plateforme industrielle EASE a mis à disposition ses salles blanches, son matériel et son savoir-faire pour produire la précieuse solution à partir des ingrédients fournis par tous les acteurs de l’écosystème économique et de recherche/formation alsacien. La main d’œuvre est venue de l’équipe de la plateforme EASE, des étudiants, des enseignants de la Faculté de pharmacie et de l’IUT de chimie. Au total, ce sont plus de 45 000 litres de SHA qui ont été produits en moins de quatre mois, alimentant les HUS, l’Icans mais aussi, via l’ARS Grand Est et la Préfecture Grand EST, les EHPAD, les crèches, les centres médico-sociaux, les centres médicaux spécialisés, Médecins du Monde, le CNRS, la Croix rouge, le Groupe hospitalier Saint Vincent-Sainte Barbe, la Ligue contre le cancer, les Médecins libéraux d’Alsace, les Services de prévention de l’Inserm et de l’Université de Strasbourg.

Constance Perrot, directrice de la plateforme EASE, témoigne de l’engouement des acteurs de cette production éclaire : « Cette mobilisation immédiate de tous ces acteurs a reposé sur leur ingéniosité et leur investissement énorme, dans le but de répondre avec énergie à cette crise majeure. Toutes ces personnes, réseaux et entreprises se sont investis dans de toutes nouvelles activités démontrant la force de la collaboration, de la détermination et de l’intelligence collective ! Un grand merci à toutes ces bonnes volontés ! »

 

Cette crise sanitaire aura mis en lumière la formidable capacité de mobilisation et de coopération des acteurs de la recherche strasbourgeoise, répondant rapidement à l’urgence de protéger notre personnel soignant et les patients.

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