Luisa De Cola

Après la fin de ses études, Luisa De Cola décolle vers Richmond aux Etats-Unis pour faire son post-doctorat. Elle retourne ensuite en Italie puis en tant que visiteur en Suisse. Sa carrière de professeur commence aux Pays-Bas, puis en Allemagne et enfin en France depuis 2013. A Strasbourg, elle est à la tête de la Chaire AXA-Université de Strasbourg en Chimie Supramoléculaire.

Le monde de la recherche est-il différent d’un pays à l’autre, que vous ont-ils apporté ?

 

« La recherche est organisée de différentes façons que ce soit aux Pays-Bas, en Allemagne, en Italie ou en France. Le pays le plus créatif est, pour moi, les Pays-Bas, c’est un endroit qui permet de grandir et de progresser, surtout pour les jeunes chercheurs. Les Pays-Bas sont vraiment un pays ouvert, toute idée peut être soutenue d’une façon ou d’une autre. Nous remarquons ainsi que de nombreuses innovations y voient le jour, malgré la petite taille de ce pays. Il faut bien sûr relier cela au fait que les nouvelles idées sont toujours très bien accueillies par la société mais aussi par les Universités, etc. C’était réellement un endroit essentiel pour mon développement scientifique. Ce que j’appréciais vraiment là-bas était mon partenariat étroit avec l’entreprise « Philips Research » qui a duré 13 ans. »

« Mon déménagement en Allemagne était avant tout pour combler mon envie de travailler à l’interface avec la physique puis avec le monde médical, ce dernier n’était pas possible aux Pays-Bas. Les allemands sont très ouverts et accueillants, j’ai immédiatement été intégrée. Je souhaitais progresser dans mes recherches, notamment dans le domaine des nanomatériaux. De plus, il y a un fort soutien pour la recherche en Allemagne. Chaque responsable de projet peut obtenir facilement une aide pécuniaire, les partenariats avec les entreprises sont faciles à mettre en place.

En arrivant en France, j’ai vite découvert que les responsables de laboratoire, peuvent avoir des personnes permanentes dans leur équipe. Ceci n’est pas commun dans les autres pays dans lesquels j’ai eu l’occasion de travailler. Ces personnes permanentes aident à maintenir les équipements en état et assurent le transfert du savoir. C’est un aspect très positif de la recherche en France. Ce système permet d’avoir une vraie continuité dans nos recherches mais aussi aux jeunes chercheurs d’obtenir du travail. L’Institut de Science et d’Ingénierie Supramoléculaires est, de plus, un lieu spécial regroupant de nombreux domaines d’expertise et accueillant trois prix Nobel de chimie. De par son excellence dans le domaine de la chimie et le soutien apporté par la Fondation pour la Recherche en Chimie, cet Institut est vraiment uniques en France. L’installation de mon équipe y a été grandement facilitée. »

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Vous êtes à la tête de la chaire AXA en chimie, pouvez-vous nous dire ce que cela vous a apporté aussi bien personnellement que scientifiquement ?

 

« Je dois dire qu’AXA est une entreprise fantastique. C’est vraiment passionnant d’être autant en contact avec eux. Bien sûr, le grand point positif est le support financier. Cela m’a permis de soutenir mes étudiants et mon laboratoire. Mais ce que j’apprécie réellement d’AXA c’est que cette entreprise est très ouverte, ils m’écoutent attentivement. AXA m’a permis d’entrer en contact avec des personnes très différentes, venant de domaines variés. C’est très enrichissant. Nous venons tous de mondes très différents. Je suis vraiment reconnaissance envers AXA pour tout cela mais aussi d’un point de vue culturel. »

Expliquez-nous sur quel domaine de recherche porte cette chaire ?

 

« D’un côté, cette chaire porte sur la chimie supramoléculaire introduite par Jean-Marie Lehn. Nous travaillons sur la construction de grands systèmes ou étudions des systèmes dits complexes. Le but final étant de comprendre la formation de structures fonctionnelles comme par exemple des fibres responsables de certaines maladies qui y sont liées ou des nouveaux matériels luminescents. »

« D’un autre côté, nous collaborons avec l’IRCAD (Institut de Recherche contre les Cancers de l’Appareil Digestif),  et les hôpitaux de Strasbourg et de Berlin. Nous essayons de créer des nouveaux matériaux hybrides ayant de différentes applications thérapeutiques. Nous créons des nano-containers permettant de transporter des médicaments, de l’ADN ou des enzymes. Ces containers ont des propriétés très spéciales qui permettent de les réduire en morceaux grâce à un simple stimulus. Cela représente une voie alternative à la chimiothérapie ou pour trouver des solutions pour des maladies rares. Cela permet d’obtenir une médecine plus personnalisée qui peut mieux cibler les maladies. Enfin, nous collaborons avec l’IRCAD afin de développer du matériel pour soigner des maladies gastro-intestinales. »

Des portraits de chercheurs