Alberto Bianco

Après avoir effectué ses études de chimie à l’Université de Padova en Italie et un court stage à l’Université de Lausanne, en Suisse, il retourne en Italie et y obtient son doctorat à l’Université de Padova. Après celui-ci, il effectue deux post-doctorats, l’un à l’Université de Tübingen, en Allemagne, et l’autre en Italie. En 1998, il arrive à Strasbourg, ville qu’il ne quittera plus tout comme son laboratoire. Alberto Bianco a rejoint en 2015 la prestigieuse liste des « Highly cited researchers » parmi les 200 chercheurs chimistes les plus influents au monde.
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« Depuis le début de mes recherches à Strasbourg, je m’intéresse aux différentes formes de carbone. J’avais commencé avec le fullerène puis je me suis tourné vers les nanotubes de carbone et plus récemment vers le graphène. Je travaille également avec d’autres types de matériaux bidimensionnels.

Le but de mes recherches est d’utiliser ses matériaux comme supports afin de lier des molécules thérapeutiques. Ces conjugués vont pouvoir être utilisés en thérapie mais aussi en imagerie. Je m’intéresse également à leur impact sur la santé, leurs effets toxiques, leur devenir et leur biodégradation. Il est important d’observer ce qu’ils deviennent une fois utilisés. Ce sont des matériaux qui doivent amener des molécules à une cible thérapeutique, d’autre part il ne doit pas y avoir d’effets secondaires sur l’organisme.

Nous travaillons sur différents types applications : des applications thérapeutiques pour lutter contre les tumeurs, les nanomatériaux carbonés sont couplés à des médicaments et envoyés vers la tumeur. Ces objets peuvent être combinés à l’imagerie. Les graphène et les nanotubes de carbone ont des propriétés de fluorescence et de photoluminescence qui permettent de les visualiser.

 

On peut ainsi combiner la thérapie à l’imagerie.

Dans notre laboratoire, nous nous sommes également intéressés aux maladies auto-immunes en essayant de moduler les effets de ces maladies. En utilisant les nanomatériaux de carbone combinés à des molécules comme des peptides, nous tentons de moduler une maladie auto-immune, comme le lupus érythémateux disséminé. En collaboration avec des collègues à Manchester (UK), nous mettons en place une combinaison entre des nanomatériaux carbonés chargés de matière positive et des acides nucléiques. Combiner ces matériaux avec des petites séquences de siRNA est possible. Ensuite ces conjugués sont utilisés pour moduler certaines maladies du cerveau comme les accidents vasculaires cérébrales. Les siRNA vont bloquer les ARN qui sont impliqués dans l’expression des protéines responsables de ces accidents.

Les nanotubes de carbone peuvent être aussi utilisés en échographie, étude développé en collaboration avec des collègues à Sassari (Italie). Le matériel est injecté dans un organe ou en intraveineuse. Grâce à un échographe, des ultra-sons sont envoyés vers l’organe cible  et les nanotubes  présent dans cet organe agissent comme des agents de contrastes ultrasonores renvoyant des échos. Cette technique d’imagerie, couramment utilisée en hôpital, peut être développée avec différents types d’agents de contraste. Les effets cytotoxiques liés à leur utilisation sont bien sûr analysés. Nous essayons donc de comprendre au mieux ses objets à base de carbone pour les utiliser en imagerie et dans des applications biomédicales. »

Des portraits de chercheurs