Une technique pour des nano-revêtements au quotidien

A Strasbourg, des chimistes et physico-chimistes ont révolutionné la technique de dispersion de nano-revêtements. Ce nouveau processus permet un coût plus faible et des applications de plus en plus variées intéressant les industriels de nombreux domaines.

Dans notre voiture, notre cuisine, notre salon ou même à l’hôpital, les nano-revêtements nous suivent partout. Les applications sont de plus en plus nombreuses et  ces revêtements de surface sont présents dans de nombreux domaines tels que les biomatériaux, l’optique, les énergies renouvelables, l’électronique ou encore la santé. Ces nouveaux outils permettent de diffuser des substances actives dans l’organisme et permettent de traiter de plus en plus de problèmes médicaux.

Deux équipes de recherche de Strasbourg, de l’Institut Charles Sadron (CNRS) et du Laboratoire de biomatériaux et ingénierie tissulaire (Université de Strasbourg/INSERM), ont mis au point une nouvelle technique de dispersion de nano-revêtements. Ainsi, c’est grâce à deux flacons de vaporisateurs que les chercheurs ont obtenus des résultats étonnants. Le revêtement est dispersé par vaporisations simultanées, le film continu et graduel obtenu prend forme grâce à des interactions spécifiques. L’épaisseur est alors contrôlée par le temps de vaporisation. Pendant ce temps, le solvant et le matériel résiduel sont enlevés par drainage.

Ce processus en une seule étape est de plus facile d’utilisation. Ses avantages sont nombreux : peu couteux, peu polluant, il est homogène et s’applique sur de nombreux nano-revêtements notamment sur des films inorganiques. Tous ses paramètres intéressent énormément les industriels. Cela leur permettrait de réduire leur coût de production mais aussi d’investir dans le développement durable.

Le film obtenu peut mesurer entre 10-100 nanomètres et plusieurs micromètres. D’après Pierre Schaaf : « En jouant sur les différentes couches et en modifiant l’architecture, il est possible d’obtenir des comportements différents du revêtement avec le même principe actif ».  Leur travail repose sur une technique mise en évidence il y a maintenant plus de 15 ans. Cette technique, élaborée notamment par Gero Decher, responsable de l’équipe de l’Institut de Charles Sadron, consiste à « empiler » des couches avec une précision nanométrique. La structure et les fonctionnalités de ces couches sont contrôlées par la séquence et la nature des constituants incorporés dans le film.

Référence

Spray-on organic/inorganic films: A general method for the formation of functional nano- to microscale coatings. Mathias Lefort & Gabriela Popa, Emek Seyrek, Rafael Szamocki, Olivier Felix, Joseph Hemmerlé, Loïc Vidal, Jean-Claude Voegel, Fouzia Boulmedais, Gero Decher, Pierre Schaaf

Angewandte Chemie International Edition, Novembre 2010

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