Analyser des milliards de molécules pour lutter contre la COVID-19

Le JEDI (Joint European Disruptive Initiative), un collectif fondé par des chercheurs, lance le challenge COVID-19. Ce défi s’adresse à l’ensemble de la communauté scientifique mondiale afin d’identifier des molécules capables de neutraliser le virus SARS-CoV-2. Thomas Hermans, chercheur à Institut de Science et d'Ingénierie Supramoléculaires (ISIS) à Strasbourg, est en charge de la coordination scientifique du challenge COVID-19.

Plus de 3700 acteurs de la recherche et de l’écosystème DeepTech issus de 23 pays européens ont adhéré à l’initiative JEDI. Dès 2018, le projet JEDI avait pour ambition de lancer et financer des projets non rentables à court terme mais profondément utiles et impactant pour la société sur le long terme. Pour cela, elle s’appuie sur une méthode radicale basée sur l’excellence, la rapidité et une prise de risque maximale.

Quand la pandémie due au nouveau coronavirus est devenue mondiale, JEDI a décidé de lancer son premier challenge international afin d’identifier des molécules capables de bloquer les effets du SARS-CoV-2. Le défi est lancé à l’ensemble de la communauté scientifique mondiale, avec à la clé des financements jusqu’à 2 M€ pour les équipes qui réussiraient à caractériser des molécules utiles à un futur traitement de la COVID-19.

Pour identifier les molécules d’intérêt, les chercheurs utiliseront uniquement des composés pharmaceutiques ayant prouvés leur non-toxicité et déjà approuvés par la Food and Drug Administration (FDA, l’agence américaine réglementant les produits alimentaires et médicamenteux). La première étape consiste à réaliser un criblage in silico, une modélisation informatique permettant de prédire les molécules en interaction avec le virus. Les équipes de recherches participantes seront ensuite amenées à tester les molécules les plus prometteuses pour valider leurs interactions avec le virus et sélectionner celles qui affectent le plus efficacement la réplication virale. Enfin, les expériences in vivo sur modèles cellulaire et animal permettront de tester plusieurs combinaisons de molécules actives en espérant trouver un cocktail efficace pour guérir les patients infectés.

JEDI est une initiative créée par des chercheurs pour servir la recherche avec une méthodologie rigoureuse, collaborative et en un temps record, une indépendance vis-à-vis des instances politiques que souligne le professeur à l’Université de Strasbourg Thomas Hermans, en charge de la coordination scientifique du challenge COVID-19 : « Nous voulons constituer une entité agile, plus réactive que les organismes existants. JEDI ne dépend d’aucun gouvernement ni d’aucune structure nationale, c’est en partie ce qui fait sa force et nous voulons utiliser cette coordination internationale pour nous attaquer au problème de la pandémie actuelle ».

La première étape du challenge a été lancé le 4 mai et déjà plus de 100 équipes participent, un engouement source d’espoir alors que le virus circule toujours avec plus de 500 000 personnes décédées dans le monde depuis le début de l’épidémie.

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